
LOI NO 94 CRÉANT LE POSTE DE FORESTIER
EN CHEF - POSITIONS DE L'ORDRE
Le 14 juin dernier, l'Assemblée nationale
a adopté à l'unanimité le Projet de loi no
94 qui officialise la création du poste de Forestier en
chef.
Selon lesprit du Projet de loi, le
Forestier en chef aura un mandat essentiel pour garantir le renouvellement
constant des forêts du Québec. Il supervisera toutes
les opérations relatives au calcul des possibilités
ligneuses dans chaque parcelle du territoire sous aménagement
forestier. Il rendra publiques ses décisions sur ces possibilités
ainsi que les justifications ayant conduit à les prendre.
Le Forestier en chef conseillera le Ministre sur la nature et
la qualité des plans d'aménagement forestier qui
lui sont soumis pour approbation par les bénéficiaires
de contrats. Il donnera également son avis sur toute question
que le Ministre lui soumettra en matière de foresterie,
tant à l'égard des forêts privées que
des forêts du domaine de l'État. Enfin, le Forestier
en chef devra déposer, à tous les cinq ans, auprès
de l'Assemblée nationale du Québec, un bilan de
l'état des forêts du domaine public et des résultats
obtenus en matière d'aménagement durable ainsi que
ses recommandations pour faciliter la poursuite de la mission
du Ministre.
LOrdre a suivi avec attention le processus
menant à ladoption de ce projet de loi. Rappelons
que la création dun tel poste figurait parmi les
recommandations formulées par lOrdre dans le cadre
de la Commission sur la gestion de la forêt publique québécoise
(Commission Coulombe). Cest ainsi que lOrdre a adressé
au ministre Corbeil une correspondance faisant état de
ses réactions à la première version du Projet
de loi. Les principaux commentaires de lOrdre visaient à
renforcer la crédibilité associée au poste
en assurant une meilleure indépendance des fonctions et
une plus grande transparence du processus de sélection.
LOrdre a également insisté auprès du
Ministre pour que ce poste soit réservé aux ingénieurs
forestiers, conformément à la législation
professionnelle en place, laquelle reconnaît aux ingénieurs
forestiers un champ de pratique exclusif en matière de
planification de laménagement forestier.
LOrdre a également rencontré,
le 1er juin dernier, les représentants du gouvernement
et de lopposition dans le cadre dune consultation
particulière de la Commission de léconomie
et du travail ayant pour mandat dexaminer et danalyser
le Projet de loi no 94. LOrdre a présenté
ses positions et insisté sur la transparence de lensemble
du processus. Au sortir de cet exercice et devant les réserves
exprimées par le Ministre et par certains acteurs sur le
statut dingénieur forestier, lOrdre a de nouveau
écrit au ministre Corbeil pour insister et mieux expliciter
sa position.
Le Projet de loi a été adopté
en incluant certaines modifications concernant lindépendance
du processus de sélection du Forestier en chef, mais aucune
mention formelle ny apparaît concernant le statut
professionnel de léventuel titulaire du poste. Il
nest toutefois pas exclu que lexigence du titre dingénieur
forestier figure dans lappel de candidatures. LOrdre
continue de suivre de près le processus de dotation du
poste.
Entre temps, en juillet 2005, l'Ordre a
également écrit au premier ministre du Québec,
M. Jean Charest, afin de le sensibiliser à ses préoccupations
et d'influencer les décisions gouvernementales dans ce
dossier.
Les documents pertinents dans
ce dossier sont les suivants (format PDF) :
Voici des liens d'intérêt pour
ceux qui désirent de plus amples informations sur ce dossier
:
UNE GESTION EN TOUTE CONFIANCE
UNE FORÊT DURABLE POUR TOUS
- Mémoire de l'Ordre des
ingénieurs forestiers du québec déposé
à la Commission d'étude sur la gestion de la forêt
publique québécoise. Juillet 2004
- La Commission d'étude
sur la gestion de la forêt publique québécoise
constitue un exercice inédit découlant d'inquiétudes
persistantes et de questions répétées portant
sur la gestion des forêts québécoises. Elle
offre une opportunité privilégiée de générer
un projet mobilisateur de gestion des ressources forestières,
apte à soutenir le dynamisme du secteur forestier et à
maintenir un lien de confiance durable avec le public québécois.
-
- L'Ordre appuie cet important
exercice de réflexion et de consultation qui mobilise
beaucoup de ressources et suscite l'espoir de changements significatifs.
-
- Cliquez ici pour les texte intégral
du Mémoire de l'Ordre: Une gestion
en toute confiance... Une forêt pour tous (document ".pdf", 1,0 Mo)
-
- Faits saillants
:
-
-
- Des objectifs clairs
-
- Le mémoire
de l'Ordre propose des mesures qui visent les objectifs suivants
:
-
- TRANSPARENCE,
IMPUTABILITÉ DES ACTEURS ET INFORMATION
Depuis la fin des années 1990, des critiques ont été
formulées concernant la gestion des forêts québécoises
et les pratiques forestières. Les modes de gestion doivent
plus que jamais afficher un haut degré de transparence,
responsabiliser les acteurs et être assortis d'efforts
significatifs d'information.
-
- GESTION PARTICIPATIVE,
INTÉGRATION ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
La multiplication des acteurs en milieu forestier et leur volonté
de mettre en place des pratiques forestières intégrant
l'ensemble des ressources et adaptées aux réalités
sociales, économiques et environnementales de leur région
créent des attentes en matière de régionalisation
des processus de décisions. Une meilleure implication
des acteurs forestiers locaux et régionaux est souhaitable
et un juste équilibre doit s'établir entre l'adaptation
aux réalités régionales et la prise en considération
d'enjeux " supra-régionaux " dont l'État
doit demeurer responsable.
-
- QUALITÉ,
RIGUEUR ET PRÉCAUTION
La planification forestière est une activité hautement
spécialisée qui relève de la compétence
des ingénieurs forestiers. Malgré que celle-ci
ait franchi de grands pas, il importe d'y apporter des améliorations.
On devrait également s'assurer de poursuivre et intensifier
les efforts pour documenter et valider les connaissances forestières
sur une base très soutenue. On devrait promouvoir une
planification moins axée sur des normes et davantage sur
les résultats et inspirée du principe de précaution.
-
- AUTONOMIE
ET IMPUTABILITÉ PROFESSIONNELLES
Afin de répondre à la multiplication des enjeux
et de faire face aux critiques sur la transparence et la crédibilité
de sa gestion des ressources forestières, l'État
a multiplié les normes, règlements, instructions
édictées à l'échelle provinciale
conduisant à un resserrement très marqué
de l'encadrement normatif. Cette approche a pour conséquence
d'astreindre l'ingénieur forestier à un cadre normatif
de plus en plus lourd et rigide limitant, dans certains cas,
ses actions de protection et de mise en valeur des forêts.
-
-
- Des recommandations
dynamiques pour une gestion renouvelée
-
- Afin d'apporter
des solutions aux enjeux et de relever les défis exposés
précédemment, l'Ordre croit qu'il faut élaborer
une stratégie d'ensemble pour le secteur forestier québécois,
revoir la structure de la gestion des ressources du milieu forestier
et adopter différentes mesures pour en faciliter la mise
en place et en améliorer la crédibilité
au fil du temps.
-
- ÉLABORER
UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT D'UN PROJET MOBILISATEUR
POUR L'AVENIR DU SECTEUR FORESTIER
De multiples réflexions ont cours actuellement concernant
la protection des écosystèmes, l'intensification
de l'aménagement forestier et l'avenir de l'industrie
forestière. En même temps, la Commission d'étude
sur la gestion de la forêt publique québécoise
mène un exercice d'analyse approfondi sur la gestion des
forêts publiques, dont les recommandations seront connues
à la fin de 2004. L'Ordre souhaite que toutes ces démarches
conduisent à l'adoption d'un projet forestier mobilisateur
inspiré d'une vision globale de l'avenir du secteur. L'Ordre
croit que la concrétisation d'un nouveau projet forestier
devrait être pilotée par le ministre des Ressources
naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec, de concert
avec l'ensemble des acteurs du milieu forestier.
-
- RENOUVELER
LE MODÈLE DE GESTION
L'Ordre croit qu'il n'y a pas qu'une seule façon d'atteindre
les objectifs visés, mais que certains modèles
de gestion mériteraient d'être examinés plus
à fond par la Commission. S'inscrivant dans une stratégie
d'ensemble du secteur forestier québécois, l'Ordre
propose un modèle de gestion qui, bien qu'à l'état
d'esquisse, pourrait favoriser l'atteinte des objectifs décrits
précédemment.
-
- Le modèle
de gestion proposé repose sur la mise en place de nouvelles
entités répondant aux objectifs visés.
- Un "
Forestier général du Québec "
Afin de départager les actes professionnels (comme les
calculs de possibilité forestière et la production
du plan d'aménagement qui en découle) des décisions
politiques et administratives (comme les attributions de matière
ligneuse et d'autres droits), l'Ordre recommande la création
d'un poste de " Forestier général du Québec
". Ce dernier relèverait directement de l'Assemblée
nationale et aurait pour mandat principal d'analyser des "
plans généraux d'aménagement forestier intégré
" (PGAFI), comprenant les calculs de possibilité
produits par les " Aménagistes désignés
des ressources forestières " pour en assurer la conformité
aux objectifs de développement durable du territoire (préoccupations
sociales, économiques et environnementales). De par sa
neutralité, le " Forestier général
du Québec" pourrait également jouer un rôle
d'observateur indépendant qui, à intervalles réguliers,
pose des constats sur l'état de la forêt et de sa
gestion et formule des recommandations pour une amélioration
des processus.
- Des "
Commissions forestières régionales "
L'Ordre propose la mise sur pied, à l'échelle régionale
(grandes régions administratives), de " Commissions
forestières régionales " composées
des intervenants présents sur le territoire (MRNFPQ, bénéficiaires
de droits sur le territoire, acteurs locaux et régionaux,
autres utilisateurs du milieu forestier, représentants
de la forêt privée, autochtones). Dans un but de
régionaliser les processus de gestion, ces commissions
auraient notamment pour responsabilité la détermination
des orientations d'utilisation du territoire et d'aménagement
des ressources pour la région, la désignation des
" Aménagistes désignés des ressources
forestières " et des mandataires d'opérations
et d'aménagement, la désignation du responsable
et l'adoption des PGAFI et leur transmission au " Forestier
général du Québec" ainsi que les attributions
budgétaires aux " Aménagistes désignés
des ressources forestières ". Afin de permettre la
meilleure adaptation des pratiques forestières aux réalités
régionales et de permettre une meilleure autonomie professionnelle,
les " Commissions forestières régionales "
auraient la possibilité d'adapter à l'échelle
régionale les balises techniques élaborées
par le MRNFPQ.
- Des "
Aménagistes désignés des ressources forestières
"
À l'échelle de l'unité d'aménagement
forestier, l'Ordre recommande la mise en place d'un système
d' " Aménagistes désignés des ressources
forestières " mandatés pour réaliser
la consultation et la planification des travaux à être
réalisés. Selon la dynamique des régions,
ces équipes d'aménagistes pourraient uvrer
directement pour les " Commissions forestières régionales
" ou encore pour le compte d'organisations désignées
par ces commissions pour accomplir leur mandat. La pleine autonomie
professionnelle des ingénieurs forestiers uvrant
à titre d'aménagistes, assortie d'une pleine imputabilité
professionnelle, constituerait une prémisse essentielle
au bon fonctionnement de ce système. Les aménagistes
auraient pour mandat la planification forestière générale
et courante. L'Ordre croit que la planification devrait viser
une gestion intégrée de l'ensemble des ressources.
C'est pourquoi on parle de plans généraux d'aménagement
forestier intégré (PGAFI) à déposer
au " Forestier général du Québec ".
- AMÉLIORER
LES MODALITÉS D'APPLICATION DU RÉGIME FORESTIER
- Planification
forestière - La production des plans généraux
d'aménagement forestier (PGAF) (éventuellement
" intégré ") et des calculs de possibilité
forestière est un exercice de la plus haute importance.
Dans cette optique, l'Ordre formule des recommandations visant
:
- la documentation
des effets réels pour l'ensemble des travaux sylvicoles
inscrits au Manuel d'aménagement forestier et l'intégration
rapide des résultats dans les calculs de possibilité
forestière;
- le développement
d'outils de simulation qui permettront l'intégration des
considérations économiques aux décisions
d'aménagement forestier;
- une meilleure
correspondance entre la planification générale
et la réalité du terrain par une meilleure prise
en considération des composantes spatiales des peuplements
forestiers, l'application avec discernement et respect de la
stratégie d'aménagement prévue au PGAF et
la simplification des stratégies sylvicoles.
- Exécution
des travaux -
L'exécution des travaux forestiers et sylvicoles constitue
une des assises de la réussite d'un programme d'aménagement
forestier et l'Ordre recommande que le mode d'admissibilité
des travaux sylvicoles soit revu pour encourager la qualité
et l'innovation.
-
- MAINTENIR
LA CONFIANCE À LONG TERME
Le mode de gestion proposé par l'Ordre devrait contribuer
à rétablir et à maintenir le lien de confiance
avec le public au fil du temps. Afin de renforcer l'impact de
telles mesures, l'Ordre recommande la remise sur pied d'un programme
d'information et de sensibilisation du public, piloté
par l'État, qui impliquerait l'ensemble des acteurs du
milieu forestier. Celui-ci pourrait notamment prévoir
l'intégration de connaissances factuelles dans les programmes
d'éducation aux niveaux primaire et secondaire.
-
- MISER SUR
L'IMPUTABILITÉ PROFESSIONNELLE
Tout au long de son mémoire, l'Ordre propose une série
de mesures qui permettront de miser pleinement sur les compétences
des ingénieurs forestiers afin d'assurer une gestion forestière
plus efficiente et des interventions plus créatives. En
tant que responsable, auprès du public québécois,
de la qualité de la pratique professionnelle des ingénieurs
forestiers, l'Ordre continuera à exercer pleinement ses
responsabilités en matière d'encadrement de la
pratique professionnelle.
-
Autres mémoires d'actualités
disponibles en Juillet 2004
- Objectifs de protection et
de mise en valeur des ressources du milieu forestier (OPMV)
- L'Ordre souscrit de façon
générale aux orientations proposées, tout
en soulignant la quasi absence d'objectifs de mise en valeur,
contrairement à ceux concernant la protection qui sont
beaucoup plus élaborés. L'Ordre insiste notamment
sur l'importance de régionaliser plusieurs des mesures
proposées, de façon à en moduler les impacts
selon la dynamique forestière des différentes régions.
Il invite aussi le MRNFP à intégrer cette réflexion
à un exercice plus global qui devrait se faire rapidement
et qui permettrait de mettre en place une politique éclairée
d'intensification de l'aménagement forestier.
-
- Cliquez ici pour les texte intégral
de l'avis de l'Ordre: Objectifs
de protection et de mise en valeur des ressources du milieu forestier
(document ".pdf",
48 ko)
-
- Affectation du territoire
public
Concernant l'affectation du territoire
forestier, l'Ordre considère que la confection de Plans
d'affectation du territoire public est un exercice essentiel de
planification intégrée de l'utilisation et de la
mise en valeur des ressources à l'échelle du territoire.
Ces plans devront donc rappeler et respecter tous les critères
du développement durable afin de soutenir la volonté
d'une action gouvernementale globale en la matière. L'Ordre
souligne également que la concrétisation des principes
de la planification intégrée désirée
par le gouvernement nécessitera une mécanique d'application
logique et souple.
Cliquez ici pour les texte intégral
de l'avis de l'Ordre: Plan
d'affectation du territoire forestier (document ".pdf", 17 ko)
- Délimitation des unités
d'aménagement et de la limite nord des attributions commerciales
Dans le cadre de la consultation
gouvernementale tenue sur le sujet, l'Ordre des ingénieurs
forestiers du Québec a déposé au ministre
des Ressources naturelles du Québec, le 21 juin 2002, un
mémoire qui fait état de ses principaux commentaires
et de ses principales préoccupations sur le redécoupage
des unités d'aménagement en forêt publique.
Cliquez ici pour les texte intégral
du mémoire: Délimitation des unités d'aménagement
et de la limite nord des attributions commerciales (document ".pdf", 128 ko)
Faits saillants :
"Avant d'aborder formellement
le thème en consultation, l'Ordre souhaite signifier qu'il
apprécie grandement que le Ministre consulte les groupes
intéressés par les questions forestières
concernant divers sujets liés à la mise en application
de la Loi sur les forêts. Par ailleurs, l'Ordre constate
avec satisfaction que le Ministre met à contribution l'ensemble
de ses ressources pour mettre en uvre la Loi selon les
échéanciers qui y sont précisés.
L'Ordre déplore cependant le rythme effréné
avec lequel les consultations sont menées et s'interroge
sur la capacité réelle d'atteindre, dans un tel
contexte, les objectifs de transparence et de participation du
public au processus de gestion des forêts du Québec.
INQUIÉTUDES FACE AUX
MOYENS UTILISÉS ET À LEURS IMPACTS
1. Perte de référence
pour le suivi
Les modifications importantes
du découpage actuel, telles que proposées dans
les projets régionaux, entraînent une conséquence
inquiétante, soit la perte de références
à long terme permettant de comparer les résultats
du dernier exercice de calcul de possibilité, avec les
résultats des prochains calculs effectués par le
MRNQ. Il faudra donc amoindrir, bien qu'imparfaitement, les conséquences
fâcheuses de cette situation par la possibilité
d'effectuer des comparaisons à l'échelle de la
région administrative.
2. Problématique
de l'effet de possibilité
Tel que mentionné dans
le Manuel de foresterie publié par l'Ordre en 1996, il
est généralement reconnu que le regroupement de
territoires peut entraîner un effet de possibilité.
L'impact de cet effet de possibilité doit être regardé
et géré avec prudence puisqu'on n'augmente pas
dans les fait la productivité réelle à l'hectare,
mais que l'on autorise quand même un volume de récolte
supérieur. On peut ainsi aller à l'encontre du
principe de prudence (plusieurs fois répété
par l'Ordre) en montrant une possibilité théorique
qu'il peut être tentant d'allouer alors que la capacité
réelle de réalisation de la stratégie d'aménagement
et des effets escomptés n'a pas été démontrée.
3. Problématique
de disparition des déséquilibres de superficies
(anormalité)
Le MRNQ obtient peut-être
aussi, par la création des UAF, une meilleure répartition
des peuplements et des classes d'âges pour un territoire
donné. Ainsi, si on regroupe une aire commune en situation
de sous-abondance avec une autre en situation de surabondance,
on améliore la normalité donc l'équilibre
des classes d'âges. La possibilité en volume pourra
ainsi augmenter par un meilleur équilibre des volumes
dans chacune des classes d'âges. Mais la problématique
" d'anormalité " demeurera localement, noyée
dans l'ensemble, non traitée, et la situation perdurera.
Le redécoupage des UAF engendre une situation qui semble
contradictoire également avec la volonté d'équilibrer,
par des stratégies particulières, certaines portions
de territoire. Pensons aux Unités Territoriales de Référence
(UTR), aux territoires des pourvoiries ou encore aux engagements
pris envers le respect de la biodiversité et des ententes
avec les autochtones.
Dans l'exemple suivant, si un
groupe de calcul présente une rupture de stock à
60 ans, l'aménagiste peut décider d'optimiser la
régénération en recherchant, par exemple,
le plein boisement (plantation, enrichi, regarni, régénération
naturelle à plus de 90% de stocking).
Si le manque dans ce groupe de
calcul est compensé lors du jumelage avec un autre territoire,
la stratégie ne semble plus nécessaire. La problématique
demeure localement, mais elle est noyée dans l'ensemble.
Plus le territoire est vaste,
plus il sera difficile de traduire concrètement la stratégie
d'aménagement par la réalisation, sur le terrain,
des travaux d'aménagement, parce que des considérations
de coûts, d'accès ou de faisabilité entreront
en ligne de compte. En d'autres termes, l'éparpillement
des travaux sur un plus grand territoire sera parfois impossible
à réaliser économiquement.
4. Inquiétude concernant
le nombre d'aménagistes responsables des calculs de possibilité
Dans le contexte de la reprise
des calculs de possibilité forestière par le Ministère,
le nombre d'aménagistes assignés à l'exercice
inquiète. Malgré la compétence reconnue
des professionnels aménagistes à l'emploi du MRNQ,
la qualité de la réflexion risque fort d'être
réduite dans ce nouveau contexte. La charge de travail
des aménagistes sera accrue et cela pourrait présenter
des risques pour un système de planification et de contrôle
efficace et nécessaire. Par ailleurs, les défis
sont plus grands (raréfaction du bois, baisse de la qualité
de bois d'uvre, gestion intégrée, consultations
publiques, participations des tiers et développement durable)
et les tâches sont augmentées (augmentation du nombre
d'intervenants et d'utilisateurs). Dans un tel contexte, réduire
le nombre de concepteurs en aménagement forestier irait
à l'encontre de tous les principes de qualité véhiculés
par l'Ordre et par le MRNQ lui-même.
Cela devrait imposer au Ministre de s'assurer de la collaboration
des aménagistes uvrant chez les détenteurs
de contrats de façon à ce que ces derniers puissent
mettre à contribution l'expertise qu'ils ont développée
aux cours des quinze dernières années.
5. Risque de recul de la
gestion intégrée
Les intervenants et utilisateurs
des actuelles aires communes se souviennent que l'harmonisation
des objectifs et l'intégration des activités ont
souvent été gagnées petit à petit,
à force de rencontres, de négociations et de compromis.
Recommencer avec de nouveaux interlocuteurs ou encore avec un
plus grand nombre d'interlocuteurs et de partenaires inquiète
les principaux concernés qui craignent de perdre les acquis.
La gestion intégrée
repose en grande partie sur le développement d'une synergie
entre des intervenants intéressés à des
ressources ou activités complémentaires qui s'exercent
sur un même territoire. Cette synergie émerge d'un
climat de confiance.
La création des nouvelles
unités d'aménagement peut amener un contexte d'incertitude
et même de recul par rapport à ce qui prévaut
actuellement. L'augmentation éventuelle du nombre d'intervenants
et de partenaires, générée par la refonte,
pourrait affecter les fragiles équilibres atteints, particulièrement
par la perte d'un sentiment d'appartenance développé
antérieurement."
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