2 octobre 2009 | Année 4, numéro 5
Édition spéciale
Congrès 2009 :
Langues de bois ou pas, ça discutait fort !
Les
23, 24 et 25 septembre derniers, à l’Hôtel
Rimouski, s’est déroulé le 88e Congrès
de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.
Malgré le contexte économique difficile qui frappe
toutes les sphères du domaine forestier actuellement, 180
personnes ont assisté aux activités du Congrès.
Les commentaires que nous avons reçus de cette 88e édition ont été élogieux à bien des égards. Ceux qui ont participé à la visite terrain sur l’Île-St-Barnabé, le 23 septembre en après-midi, se souviendront probablement longtemps de leur excursion en zodiac sur un fleuve agité. Ils sont revenus trempés, mais à en entendre certains, lors du cocktail d’ouverture, l’expérience en valait vraiment la peine.
Le matin du 24 septembre débutaient les premières séances de débats. L’ingénieure forestière Paule Têtu s’est chargée de mettre la table et d’initier les premières réflexions. Disons-le, la langue de bois, elle ne connaît pas ! Le ton était donné. À titre d’animateur des deux jours de débats, Robert Beauregard, ing.f., a aisément pris le contrôle de la situation. Faut se le dire, 6 thématiques débattues par 19 panélistes de toutes provenances, ce n’est pas loin du jamais vu dans notre domaine d’activités ! À cet égard, que dire du travail magistral de synthèse des débats qu’a livré l’ingénieur forestier Luc Bouthillier. Une conférence de clôture exceptionnelle !
Le dîner du 24 septembre nous a donné l’occasion de rendre hommage à cinq jubilaires de l’Ordre présents au Congrès, sur les quinze de l’année 2009. Le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f. a également décerné les Distinctions de l’Ordre lors du Banquet. Félicitations Médaillé de l’Ordre, M. Marc Côté, ing.f., à l’ingénieur forestier de l’année, M. Jacques Pinard, ing.f., et au récipiendaire de la Distinction Henri-Gustave-Joly-de-Lotbinière, M. Damien Côté, B.Sc.A. Le Banquet fut également l’occasion d’entendre la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Mme Nathalie Normandeau, qui a insisté sur le fait que les ingénieurs forestiers doivent s’impliquer activement dans le projet de refonte du régime forestier. Il a été également fort agréable de retrouver M. Marius Pineau, ing.f., et Mme Marie-Michèle Doiron qui ont chanté pour les convives. La soirée s’est terminée sur des notes de blues, offertes par un groupe local.
En terminant, je tiens à rendre hommage aux artisans qui ont fait en sorte que ce congrès a été une réussite. Je pense au comité organisateur de la section régionale Bas-St-Laurent - Gaspésie, présidé par Mme Geneviève Constancis, ing.f., aux conférenciers, panélistes, employés de l’Ordre et bien sûr, aux partenaires financiers et aux exposants.
Il me fait plaisir de vous présenter cette édition
spéciale du « Fil en aiguille », Congrès
2009 de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.
Bonne lecture !
![]() |
François-Hugues Bernier, ing. f. . |
Directeur des communications
|
Visite Terrain – 23 septembre en après-midi
De l’avis de tous les participants
à la visite sur l’île-St-Barnabé, cette
activité est un incontournable lors d’un séjour
à Rimouski. La présence d'une faune et d'une flore
terrestre et maritime diversifiées et la beauté du
paysage marin qui l'enveloppe assurent un dépaysement total.
Trois thèmes
ont été abordés lors de la visite : la foresterie,
animé par M. Daniel Bélanger, ing.f., la biologie,
animé par M. Jean Lamoureux, biologiste, et l’histoire
de l’île, animé par M. Armand Dubé. 
Aux dires de M. Bélanger,
ce territoire de 1,5 Km² représente un modèle réduit
de la sommation de tout ce qui peut arriver en foresterie. Tous
les usages y sont sollicités, ce qui en fait un véritable
laboratoire de gestion participative qui fait appel non seulement
aux compétences de l’ingénieur forestier mais
à celles également de tous les autres professionnels des sciences naturelles.
Ouverture du Congrès – 24 septembre en avant-midi
Le matin du 24 septembre, la présidente du comité organisateur du Congrès, Mme Geneviève Constancis, ing.f., procédait à l’ouverture officielle du Congrès 2009.
«
Au nom du comité organisateur du Congrès 2009, je
tiens à vous souhaiter la bienvenue dans notre région.
Par ce congrès, nous avons voulu donner la parole aux ingénieurs
forestiers, afin de permettre le partage d’idées, le
débat de sujets fondamentaux qui nous tiennent à cœur
dans une formule donnant l’occasion de réfléchir
en profondeur au devenir de la foresterie et de la profession. »
Le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f. a enchaîné avec son allocution d’ouverture.
«
C’est un immense plaisir pour moi de m’adresser
à vous pour la première fois, en personne, à
titre de président de l’Ordre. Je désire d’ailleurs
profiter de cette tribune pour saluer mon prédécesseur,
M. Pierre Labrecque, qui est avec nous aujourd’hui, et le
remercier pour son dévouement et son travail à la
barre de l’Ordre, au cours des deux dernières années,
dans un contexte disons-le, qui n’était pas des plus
favorables.
On le sait tous, la crise qui frappe le secteur forestier est sans précédents. Bien malin celui ou celle qui sait quand on en sortira et qui y survivra. Une chose semble toutefois certaine : l'industrie forestière de la prochaine décennie sera bien différente de celle que l’on connaît actuellement. Elle ne sera probablement plus uniquement gérée pour la matière ligneuse. La place qu’occupe les autres ressources et fonctions de la forêt dans le cœur des Québécois est grandissante et les forestiers en sont pleinement conscients.
Nous connaîtrons bientôt le cadre du prochain régime forestier québécois. Le projet de loi 57 : Loi sur l’occupation du territoire forestier est présentement en consultation auprès de tous les intervenants et partenaires intéressés par la forêt. Cette refonte, si elle est approuvée par l’Assemblée nationale, constituera un virage aussi important que la création de la Loi sur les forêts, en 1986.
Dans ce contexte, peut-on se permettre d’être optimiste face à l’avenir ? Il le faut !
…Les deux
journées que nous allons vivre ensemble sont une belle occasion
de brassage d’idées, d’avoir des discussions
franches et des confrontations amicales sur les sujets de l’heure,
sujets, disons-le, qui nous tiennent à cœur.
Et si on faisait émerger de nouvelles solutions constructives?
Pourquoi pas ! »
Débats – 24 septembre en avant-midi :

M. Robert Beauregard, ing.f., Ph.D., agissait à titre d’animateur et de modérateur des débats. On le voit sur la photo invitant les participants à sortir leur fameuse « langue de bois » pour manifester leur intérêt à ce que l’on aille plus loin dans les débats.
L'Ordre désire remercier chaudement M. Beauregard pour son travail d'animation tout au long du Congrès.
Conférence d’ouverture
L’ingénieure
forestière Paule Têtu s’est chargée de
mettre la table et de donner le ton aux débats de la journée
avec sa conférence Quand on sait où on
s'en va, on augmente nos chances d'y arriver.
« Comme collectivité, le défi qu'on a devant nous à mon sens, est le plus grand d'une génération. Au cours des 2 prochains jours donc, il faut en jaser parce que la Ministre s'est dit prête à bonifier le menu et je suis convaincue qu'elle attend beaucoup des ingénieurs forestiers. »
*Le texte de la conférence d’ouverture sera disponible ultérieurement.
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Thématique 1 : Le nouveau régime forestier québécois
-
Ce régime renouvelé est-il porteur d’espoirs pour la société québécoise?
-
Permettra-t-il de prendre en compte les attentes de la population et des utilisateurs sur l’usage que l’on veut faire de nos forêts et sur la manière d’y arriver ?
-
Favorise-t-il l’innovation, la rentabilité de l’industrie, la création d’emplois stimulants et le développement des régions du Québec ?
Panélistes
:
M. Robert Laplante, Institut de recherche en économie contemporaine.
M. Gérald Lemoyne, CRÉ Baie-James
M. Mario Gibeault, ing.f., MRNF
«
Lorsque l’on regarde ce qui est sur la table, froidement,
sans lunettes déformantes qui sont le fruit de l’espoir
des gens, force est d’admettre que le projet de régime
forestier qui nous est proposé est décevant à
plusieurs égards »
« Le Gouvernement du Québec a choisi de ne pas proposer
de modèle industriel pour sa forêt et encore une fois
ce sont les industries qui vont décider des grandes orientations
par leur choix d’affaires qui, vous savez comme moi, ne concernent
pas d’abord ni le territoire ni les populations, mais les
mandats dictés par les sièges sociaux. »
Robert Laplante.
«
Est-ce que ce régime répond à la population
? J’ai constaté au fil du temps que ceux qui influencent
généralement le plus les décisions dans le
domaine de la forêt ce ne sont pas ceux qui vivent dans les
milieux forestiers, c’est beaucoup plus ceux, pour illustrer,
qui vivent sur le Plateau Mont-Royal ! C’est ceux, en fait,
qui n’ont jamais mis les pieds dans le bois. Mais ils savent
parce que quelqu’un leur a dit ! Voilà pourquoi la
participation des gens du milieu est importante dans ce projet de
loi »
Gérald Lemoyne.
«
Oui, la ressource forestière est importante et nous, au Ministère,
nous sommes convaincus que le secteur forestier est un grand secteur
d’avenir. Par ce nouveau régime, nous somme en démarche
pour mettre en valeur davantage cette ressource-là. Je fais
le pari que le régime que nous sommes à préparer
servira également de modèle pour les autres pays.»
Mario Gibeault, ing.f.
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Thématique 2 : La contribution de la forêt privée québécoise
-
Quels sont les impacts envisageables du nouveau régime forestier sur les forêts privées?
-
Y a-t-il des opportunités à saisir, des arrimages à faire?
-
Les investissements publics en forêt privée sont-ils rentables et sécurisés?
-
Comment la forêt privée peut-elle contribuer davantage au développement des communautés rurales québécoises ?
Panélistes
:
M. Gilles Michaud, SER de la Vallée
M. André Gélinas, ing.f., Agence des forêts
privées de Québec (03)
M. André Roy, Syndicat des producteurs de bois de l'Estrie

« Quand on parle du caractère
nouveau de la GPOR dans le projet de loi, ça me dérange
un peu parce qu’en forêt privée, à l’Agence
de Québec du moins, ça fait longtemps que les ingénieurs
forestiers ont un cadre plus souple qui fait appel à leur
latitude professionnelle par une approche de résultats. Ça
aurait donc été intéressant que le Ministère
nous consulte à cet effet. »
André Gélinas, ing.f.
« À quoi sert de
faire de la foresterie si on ne le fait pas dans une préoccupation
engagée pour les gens qui sont à proximité
de cette ressource-là ? Est-ce que les investissements publics
en forêt privée sont-ils rentables et sécurisés?
Bien entre vous et moi, je pense qu’il est difficile de faire
mieux ! Depuis la venue des Agences, il y a un effort important
de recherche d’efficience, de protection des investissements
et de reddition de compte. »
Gilles Michaud.
« Il y a un impact négatif
majeur que pourra avoir le nouveau régime forestier sur la
forêt privée. J’espère que l’on
aura la sagesse de créer une sorte d’arrimage entre
le Bureau de mise en marché et les offices et syndicats de
producteurs de bois parce que en période de crise, on risque
de se retrouver dans un espèce de goulot d’étranglement
car le marché ne sera pas capable d’absorber tout ce
que l’on peut produire. »
André Roy.
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Thématique 3 : Le secteur forestier et la situation de la main-d’œuvre
-
Y a-t-il encore des gens intéressés à travailler dans le secteur forestier?
-
Disposerons-nous des travailleurs nécessaires à la mise en œuvre des stratégies prévues au nouveau régime forestier?
-
Comment faire pour attirer des jeunes dans le secteur forestier, alors que nous sommes en compétition avec plusieurs autres secteurs d’activité ?
Panélistes
:
Mme Claudette Carbonneau, présidente, CSN
M. Jocelyn Lessard, ing.f., Fédération québécoise
des coopératives forestières
M. Daniel Bélanger, ing.f., SER de la Neigette.
«
Les métiers de la forêt présentent des intérêts
certains : un travail dans la nature, dans les régions, un
travail en équipe mais ils présentent également
leur lot de précarités, des charges de travail et
des conditions très pénibles. Il faut faire un virage
et on ne peut pas faire reposer ça strictement sur de bonnes
intentions ou sur des approches paternalistes. Il faut que les travailleurs
du secteur sentent qu’ils ont leur mot à dire dans
les débats entourant la formation, les conditions de travail
et la rémunération. Ça fait 10 ans que l’on
traite cela à la CSN et on croit dur comme du « bois
» que c’est une voie qui est porteuse. »
Claudette Carbonneau.
« Nous sommes sous l’effet de
deux
crises qui affectent ces métiers-là : une crise structurelle et
conjoncturelle et il y a aussi une crise de confiance qui nous
affectent. Le public a perdu confiance au secteur forest
ier
et, en ce qui a trait aux forestiers entre eux, il y a un énorme
fossé qui s’est créé entre les gens du gouvernement et les gens de
l’industrie et ça, ce n’est pas très productif pour les
travailleurs. »
« Les ingénieurs forestiers, nous tous, on a investi plus de 2 milliards en forêt depuis que l’on a intensifié l’aménagement et on ne sait pas ce que ça a donné. Et ça, pour valoriser des travailleurs, c’est très difficile avec cette méconnaissance. »
« En dépit de tout
ce que je vous ai dit, il y a encore des milliers de travailleurs
heureux en forêt… ça existe, ce sont de beaux
métiers. Si on améliore notre régime et on
les valorise, on va avoir encore plus de gens heureux en forêt.
»
Jocelyn
Lessard, ing.f.
«
Il y a un besoin humain de savoir que notre travail est utile, que
notre travail a un sens… À cet égard, nous avons
amené nos travailleurs voir de vieux travaux… pour
leur montrer les impacts de leur travail… et cela a littéralement
changé la perception de leur travail. Ce projet est exportable,
toutes les entreprises devraient le faire. »
« Le drame des travailleurs
forestiers actuels ce n’est pas d’avoir oublié
la noblesse de leur métier, c’est de ne l’avoir
jamais connue ! »
Daniel Bélanger,
ing.f.
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Thématique 4 : La relance de l’industrie forestière québécoise
-
Quelles sont les industries qui survivront à la crise?
-
Y a-t-il toujours un avenir au Québec pour les produits de commodité et l’industrie des pâtes et papiers ?
-
Quelles sont les opportunités qui s’offrent à nous en matière de nouveaux produits forestiers, de nouveaux marchés ou de nouvelles façons de faire
Panélistes
:
M. Yves Lachapelle, ing.f., CIFQ
M. Michel Vincent, ing.f., Del Degan Massé
M. Sylvain Labbé, ing.f., Quebec Wood Export (Q-WEB)

« Dans 20 ans, l’industrie des pâtes et papiers va être un subsidiaire de l’industrie du bois. Ce sera une sous-sous-industrie. On va décider si c’est mieux de faire de l’énergie ou du papier ou d’autres formes de produits. Ceux qui contrôlent leur territoire et leur ressource bois vont contrôler leur avenir. On travaille beaucoup sur l’offre mais toutes nos décisions devraient se baser sur la demande qui s’en vient et non pas sur ce que nous sommes capable de faire actuellement avec nos forêts. »
« Tous les
jeunes qui rêvent de sauver la planète doivent aller
en foresterie, c’est là que ça se passe ! »
Sylvain Labbé, ing.f.
« Comme économiste,
il n’y a rien qui me montre que la crise dans laquelle on
est, est terminée. Éloignons-nous du dossier du bois d’œuvre
américain. Envoyons aux États-Unis des produits qui
ne seront pas taxés. Mais du même souffle, ne faisons
pas l’erreur d’imposer des produits de deuxième
transformation à ceux qui font de la première. Ne
croyons pas non plus que la deuxième transformation est une
panacée qui va nous sortir de tous les problèmes car
celle-ci sera aussi soumise aux aléas du marché, du
protectionnisme américain et à la variation du taux
de change. Éloignons-nous également des produits destinés
au marché résidentiel et travaillons à développer
le créneau des produits destinés aux marchés
commerciaux et industriels. »
Michel Vincent, ing.f.
« Le problème de notre industrie du sciage, c’est sa surcapacité de production car au fil du temps ils ont réinvesti 87% de leurs profits nets dans leurs installations de transformation. Donc, déjà avant la crise, on avait un problème majeur car on avait des usines parmi les plus performantes en Amérique du Nord. »
« Avec la
qualité de notre fibre, la qualité de nos chercheurs,
l’innovation qui se fait, je crois qu’on a de l’avenir
pour les produits de commodité et qu’il y aura toujours
des entreprises de première transformation ».
Yves Lachapelle, ing.f.
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Thématique 5 : Les Premières Nations et la foresterie
-
Quels sont les impacts envisageables du nouveau régime forestier sur nos relations avec les Premières Nations ?
-
Les populations régionales, soucieuses d’un développement socio-économique parfois synonyme de survie, risquent-elles de faire les frais de négociations formelles, de nation à nation, qui ne semblent pas vouloir aboutir?
-
Existe-t-il de vraies histoires à succès sur le terrain, résultant d’ententes de gré à gré, qui pourraient démontrer aux citoyens des régions que des choses pratiques sont possibles ?
Panélistes
:
M. Charles Blais, ing.f., CRÉ Outaouais
M. Normand Laprise, MRNF
M. Michel Mongeon, Conseiller en aménagement du territoire
«
L’ingénieur forestier est un acteur privilégié.
C’est celui qui a eu le plus d’impact sur les territoires
des Premières Nations. Passer par une loi cadre qui obligerait
l’ingénieur forestier à se conformer à
cette loi-là ou du moins de l’appliquer dans tout son
rôle devient un enjeu fondamental. À cet effet-là,
il serait excessivement important de réformer la formation
des ingénieurs forestiers de façon à ce qu’ils
comprennent très bien c’est quoi l’implication
de la prise en considération des droits des Premières
Nations. Comment leur implication peut collaborer à soutenir
les Premières Nations dans leur gestion du territoire. »
Michel
Mongeon.
«
Les impacts envisageables du nouveau régime forestier ne
peuvent qu’être positifs pour les Premières Nations,
du fait qu’il ramène énormément d’objets
de décision à l’échelle régionale
et locale. »
Normand Laprise.
«
J’ai compris, au fil du temps, qu’aucune communauté
ne peut se développer et s’épanouir sans l’identité
et l’espace. Un espace géographique j’entends,
d’une superficie appréciable pour pouvoir se développer
et renforcir son identité. Bien sûr, il faut également
le pouvoir de décider sur ce territoire, prendre en main
sa destinée. À partir du moment où j’ai compris
cela, ça a changé ma perspective des choses, notamment
en rapport avec les revendications des Premières Nations.»
Charles Blais,
ing.f.
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Thématique 6: La foresterie québécoise et l’ingénieur forestier
-
Les Québécois peuvent-ils compter sur les ingénieurs forestiers pour répondre à leurs attentes actuelles et futures en matière de protection et d’utilisation responsable des ressources forestières qui leur appartiennent?
-
Les ingénieurs forestiers sont principalement à l’emploi de deux grands employeurs, le MRNF et l’industrie forestière. Se peut-il que le devoir de réserve des premiers (d’aucuns diront devoir de silence depuis l’erreur boréale) et le devoir de fidélité des seconds, privent le public québécois d’un devoir d’expression critique et de transparence qui seul fera évoluer la profession?
-
Pour un ordre professionnel, la protection du public consiste souvent à protéger celui-ci contre les actes individuels répréhensibles des membres de la profession. Se peut-il que le public, lui, attende des ingénieurs forestiers québécois qu’ils se portent plutôt, et collectivement, garants de la pérennité de notre patrimoine forestier?
-
Comment doit-on interpréter le fait que de moins en moins d’ingénieurs forestiers sont choisis pour occuper des postes administratifs et de gestion de haut niveau dans les organisations publiques et privées du secteur forestier?
Panélistes
:
M. Pierre Drolet, ing.f., MRNF
M. Pierre Labrecque, ing.f., CRRNT Outaouais
M. Magella Morasse, ing.f., MRC Portneuf
M. Christian Messier, ing.f., UQAM

« Pour un
ordre professionnel ordinaire, la protection du public consiste
à le protéger contre les actes répréhensibles
individuels des membres de la profession. Mais le public nous voit
et nous considère d’abord comme les garants de la pérennité
de la forêt publique du Québec et d’une moindre
mesure de la forêt privée. Remplissons-nous ce rôle
adéquatement ? Je pense que non ! D’abord parce que
le devoir de réserve des fonctionnaires ingénieurs
forestiers et le devoir de fidélité des ingénieurs
forestiers à l’emploi de l’industrie (…)
ont toujours trop temporisé notre devoir d’expression
critique et banalisé nos prises de position sur la chose
forestière au Québec. »
Pierre Drolet, ing.f.
« La crise
identitaire de l’ingénieur forestier est due au fait
que la profession s’est développée à
cause d’un manque de bois. Et dans les pays riches, on en
manque plus de bois. Et on a été formé pour
produire du bois. Comme on s’est identifié très
fortement comme producteur de bois et que la modernité de
nos sociétés nous dit qu’on va aller chercher
le bois ailleurs parce que ce que vous produisez coûte trop
cher, on est en crise. On dénigre les films qui nous critiquent,
on dénigre les rapports qui disent que les vieilles forêts
ont une valeur autre que pour produire du bois, on essaie de convaincre
le public qu’il devrait admirer les belles plantations qui
poussent vite au lieu de vieilles forêts. On devrait plutôt
être opportuniste et se demander qu’est-ce qui manque
dans notre société ? Il manque de forêts naturelles
au niveau mondial et nous, on en a encore. Peut-être y a-t-il
quelque chose là ? »
Christian Messier, ing.f.
« Comment
on va véritablement se faire connaître comme organisation
? Moi je pense qu’il faut arrêter de parler de nous
car quand on parle de nous, personne ne nous croit. Il faudrait
donc, selon cette logique, trouver une façon pour que les autres
parlent de nous, de la complexité de notre travail et de
son utilité. Il faut absolument trouver des façons
originales de changer cette dynamique. Tout un défi ! »
Magella
Morasse, ing.f.
« Faire partie
d’un ordre professionnel ça veut dire quelque chose.
C’est un privilège que la société nous
offre. Je suis d’accord avec Christian, il y a des choses
à changer. Mais on a des compétences uniques et avec
tout ce qui s’en vient avec le régime forestier on
possède des compétences extraordinaires en planification
tactique, stratégique et opérationnelle et il n’y
a aucun autre professionnel actif actuellement sur le territoire
qui possède ces qualités-là. Il ne faut pas
oublier cela ! Il ne faut pas oublier non plus que nous ne sommes
plus seuls. Il faut tourner la page et changer de disque à
cet effet. »
Pierre Labrecque,
ing.f.
Pendant
tout ce temps…
Attention, homme au travail !
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Conférence de clôture
L’ingénieur
forestier Luc Bouthillier avait la lourde tâche de faire une
synthèse des débats. Il s’est acquitté
de son mandat avec brio.
«... Il y a un tas de choses qui font qu'on a des pensées, des approches divergentes. Et ça, on appelle ça de la diversité sociologique. Et c'est sain, tant que ça ne dégénère pas dans un conflit ouvert. C'est tout à fait sain, cette diversité sociologique si ça parvient de temps en temps à se cristalliser sur des projets communs. Mais pour que ça arrive, il faut cultiver le respect. Il faut retrouver notre raison commune.
Qu’est-ce qui fait que nous sommes ingénieurs forestiers? Notre amour de la forêt. Pour chacun d'entre nous, aller prendre une marche dans le bois, aller dans une scierie, y a-t-il quelque chose de plus enivrant que l'odeur du bois fraîchement scié ? Cet amour de la forêt, cet amour des produits du bois, cet amour de comment on transforme, comment on récolte, ça nous est tous commun. C'est notre raison commune. Et quand on se met à oser parler avec ce supplément d’âme de ce qui nous intéresse, on devient convainquant. Et ce faisant, on sera capable de s'expliquer dans le grand public. Vous en aurez des micros tendus en-dessous de la bouche. Il s'agit de parler avec intelligence mais en ne reniant pas ses passions. On est très pudiques les ingénieurs forestiers. Quand est-ce que vous avez osé dire en public que vous aimiez votre métier, que vous aimiez la forêt, que vous aimiez les gens qui y vivent, les bêtes qui fréquentent ça? C'est quand la dernière fois que vous avez fait ça ? Osez ! Sortez de votre pudeur et vous serez convainquant comme porteur de message.
Cette passion qui
nous unit tous, ça peut être utile pour notre stratégie
de dialogue civique avec la population, avec tous les différents
publics qui ont un intérêt pour la forêt pour
qu'on puisse trouver des choses concrètes à faire
ensemble et surtout cette raison commune, c'est ce qui va faire
qu'on va retrouver le respect mutuel les uns des autres. Parce que
le dernier débat me surprend beaucoup. Je m'attendais à
ce que la question identitaire sorte, mon ami Marius Pineau l'a
un peu réglée, conjointement avec mon ami Christian
Messier, à la grande surprise de ce dernier, mais ce qui
me surprend un peu, me bouscule c'est cette idée que, et
je suis obligé d'admettre que c’est tout à fait
recevable, que l'ingénieur forestier est le pire ennemi de
l’ingénieur forestier, alors que tous les ingénieurs
forestiers aiment la forêt. Est-ce qu'on peut partir de cette
base, de cette affection qu'on a pour la forêt pour après
apprendre à dialoguer avec l’autre ? À reconnaître
ses différences ? (…) C’est très important
parce qu’on fait partie de la solution dans une économie
verte. Mais ça n’arrivera pas tout seul. Va falloir
travailler très fort et faire son possible, c’est le
plancher. Va falloir faire plus. Pas son possible, va falloir viser
au dépassement. Non, on n’est pas sorti du bois. Et
je vous annonce qu’on ne sortira pas du bois ! Parce que j’ai
confiance en l’avenir, parce que j’ai confiance en nous.
Merci beaucoup !».
Luc Bouthillier, ing.f., Ph.D.
*Le texte de la conférence de clôture sera disponible sous peu.
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Assemblée générale annuelle – 24 septembre en après-midi
Le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f., a ouvert l’assemblée générale annuelle à 15h30. Plus de 70 personnes ont signé la feuille de présence à l’Assemblée.
M. Villeneuve a enchaîné avec les grands dossiers qui ont occupé l’année et ceux à venir dont le dossier des technologies, le plan stratégique de l’Ordre, le dossier de la mobilité de la main-d’œuvre interprovinciale et avec la France, le projet de loi 57. M. Villeneuve a ensuite invité Mme Marielle Coulombe, ing.f., directrice générale, à présenter le bilan des activités de l’Ordre pour l’année 2008-2009. Ensuite, M. Villeneuve, ing.f., est revenu présenter les états financiers. Ceux-ci montrent un déficit de 40 600 $. Le plan de rationalisation mis en vigueur prévoit un budget équilibré pour 2009-2010.
Le syndic de l’Ordre, M. Yves Barrette, ing.f., a également présenté le bilan de ses activités et celui du syndic-adjoint, M. Robert Girard, ing.f.
»
Voir la présentation du Rapport d’activités
de l’Ordre 2008-2009
(incluant le rapport du Syndic)
Cotisation 2010-2011 : Le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f., a expliqué aux membres de l’assemblée que le Conseil d’administration a résolu que la cotisation 2010-2011 soit augmentée de 25$. Selon le Code des professions et le Règlement de l’Ordre sur les assemblées générales, une augmentation de cotisation doit être approuvée par l’assemblée générale des membres. La résolution a été adoptée à la majorité.
Résolutions 2009 : Deux résolutions ont été adoptée par l'assemblée.
Banquet du président - 24 septembre en soirée
C’est dans une ambiance feutrée que plus de 150 personnes ont assisté au Banquet du président en soirée.
En tout début de soirée, le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f., a fait l’annonce de l’entente de partenariat avec le Réseau des ingénieurs du Québec.
«
L’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec
est heureux de vous annoncer qu’une entente de partenariat
a été conclue avec le Réseau des ingénieurs
du Québec afin que les ingénieurs forestiers, les
étudiants en génie forestier et leur famille proche,
puissent bénéficier des produits et services offerts
par le Réseau. » Denis Villeneuve, ing.f
M. Villeneuve a ensuite invité le président du Réseau des ingénieurs du Québec, M. Étienne Couture, ing., à venir sceller officiellement cette entente.
«
Le Réseau des ingénieurs du Québec est un organisme
à but non lucratif qui a été créé
en 2002 à la suite d’une décision de l’Ordre
des ingénieurs du Québec de se recentrer sur sa mission
première qui est d’assurer la protection du public.
Depuis, le Réseau des ingénieurs agit comme une entité
totalement indépendante de l’Ordre des ingénieurs
du Québec. Vingt-deux personnes travaillent au Réseau
afin d’offrir aux 58 000 membres de l’Ordre une gamme
étendue de produits et services à un tarif préférentiel.
Les économies annuelles faites par un utilisateur moyen des
produits et services offerts par le Réseau se chiffrent en
moyenne à 2 000 $. C’est donc un honneur pour nous
d’ouvrir nos portes aux ingénieurs forestiers. »
Étienne
Couture, ing.

Lors de son allocution en soirée, le président de l’Ordre, M. Denis Villeneuve, ing.f., a interpellé la Ministre sur son projet de refonte du régime forestier.
« Soyez assurée Mme la Ministre de la plus grande collaboration possible de l’Ordre à faire de cette réforme historique un franc succès. Je tiens également à vous assurer que l’Ordre jouera un rôle de premier plan auprès de ses membres en fournissant l’encadrement et le support nécessaire pour assurer une transition harmonieuse. Je dis cela car 20 ans d’encadrement normatif, ça ne peut faire autrement que de laisser des traces. Nous proposerons donc diverses activités de formation continue afin de parfaire nos connaissances et améliorer la qualité de nos services.
S’il y a un message que j’aimerais que vous rapportiez avec vous ce soir, c’est celui des ingénieurs forestiers fiers et prêts à travailler dans le cadre de ce projet audacieux. Des ingénieurs forestiers capables de se réinventer tout en demeurant intègres et imputables devant la société. Enfin, des professionnels capables de créer de manière durable de la richesse à partir d’écosystèmes forestiers complexes et dynamiques. Denis Villeneuve, ing.f.
M. Villeneuve a ensuite invité la ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, Mme Nathalie Normandeau, à prendre la parole.
«
Ce soir Denis, si tu as livré un message d’accueil
et d’espoir positif de la part de l’Ordre quant au nouveau
régime qui a été déposé, je dois
vous dire que le message que je souhaite vous livrer ce soir c’est
aussi un message pleinement positif. Parce qu’on a peut-être
tendance aussi à oublier qu’un jour la crise elle va
se terminer, elle va prendre fin et puis on va avoir une industrie
qui va se remettre à l’ouvrage et qui va certainement
être encore plus dynamique qu’elle ne l’a été
jusqu’à maintenant.
Les ingénieurs forestiers que vous êtes avez un rôle de premier plan à jouer dans la mise en œuvre de l’ensemble des dispositions qui sont contenues dans le projet de loi qui est sur la table actuellement. On doit revoir nos façons de faire et aussi inculquer une nouvelle culture de la forêt au Québec.
S’il y un message que je souhaite que vous reteniez ce soir de ma part, c’est que j’ai besoin de vous, les ingénieurs forestiers, le ministère des Ressources naturelles et notre gouvernement, nous avons besoin de vous pour que l’on puisse s’assurer de la mise en œuvre avec succès de ce projet de loi. » Nathalie Normandeau.
Suite à cela, M. Villeneuve a décerné
les traditionnelles Distinctions de l’Ordre.
»
Voir le communiqué
« Médaille de l’Ordre »
La
« Médaille de l’Ordre » est remise annuellement
à un ingénieur forestier qui, par ses qualités
personnelles et ses différentes réalisations, aura
marqué de façon significative l’avancement et
le rayonnement de la profession, et ce, tout au long de sa carrière.
Cette année, l’Ordre a choisi de remettre la « Médaille de l’Ordre » à monsieur Marc Côté, ing.f., M.Sc.
»Voir le mot de remerciement de M. Côté
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« Ingénieur forestier de l’année »
Le
titre d’« Ingénieur forestier de l’année
» est décerné à un membre pour souligner
sa contribution exceptionnelle au développement et à
la promotion de la profession d’ingénieur forestier.
Le ou la récipiendaire devra avoir accompli un acte méritoire
remarquable dans les sphères d’activités de
la profession au cours des 24 derniers mois. Il pourra s’agir
d’une contribution personnelle exemplaire dans les domaines
scientifique, culturel, humanitaire, social ou des communications.
Cette année, le choix du Conseil d’administration de
l’Ordre s’est arrêté sur monsieur Jacques
Pinard, ing.f.
»Voir le mot
de remerciement de M. Pinard
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« Distinction Henri-Gustave-Joly-de-Lotbinière »
La « Distinction Henri-Gustave-Joly-de-Lotbinière
» est remise à une personne extérieure à
la profession dont les actions auront fait progresser la cause forestière
et contribué à l’avancement et au rayonnement
de la profession.
Cette année, l’Ordre a choisi de remettre la « Distinction Henri-Gustave-Joly-de-Lotbinière » à monsieur Damien Côté, B.Sc.
Remerciements
L’Ordre tient à remercier chaudement les membres du comité organisateur du Congrès 2009.
Présidence : Geneviève Constancis, ing.f.
Secrétaire : Charles-Eugène Bujold, ing.f.
Comité thématique
:
Pierre Drolet, ing.f., membre
Daniel Bélanger, ing.f., membre
Comité des finances
:
François Bergeron, ing.f., responsable
Donat Langlois, ing.f., membre
Comité des activités
sociales :
Robert Savoie, ing.f., responsable
Dominique Masse, ing.f., membre
Daniel Landry, ing.f., membre
Carl Gagnon, ing.f., membre
Nadia Tremblay, ing.f., membre
Merci à nos précieux partenaires !
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
Comité sectoriel
de main-d'œuvre en aménagement forestier
Réseau ligniculture Québec
Centre d'enseignement et de recherche en foresterie de Ste-Foy (CERFO)
Fondation de la faune du Québec
Uniboard, Usine de Sayabec
La Personnelle, assurances générales
Aon Parizeau
Gestion FÉRIQUE
RESAM
Groupe Optivert
Coalition Bois
FPInnovations – SEREX
Service canadien des forêts – Centre de foresterie des Laurentides
La Financière agricole du Québec
Fédération des producteurs de bois du Québec
Consultants forestiers DGR Inc.
Dale Parizeau Morris Mackenzie
Fédération québécoise des coopératives forestières
François Bergeron Conseiller forestier
MRC Mitis
Syndicat des producteurs forestiers du Bas-St-Laurent
Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU)
Rexforêt
Réseau des ingénieurs du Québec
Ville de Rimouski



